Cérémonie des Césars, vendredi à Paris. Oscars, dimanche à Los Angeles. Dans les deux cas, le film événement «Ma Vie de Courgette» est en lice. Le cinéaste valaisan a déjà fait une forte campagne pour son film, et cela continue. Il raconte ses drôles de journées.

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Le Temps: Vous revenez à peine de Los Angeles et y retournez dans quelques jours déjà. Pas trop jetlagué?

Claude Barras: Si, un peu! Je suis rentré mercredi 15 après le dîner des nommés et j’ai directement enchaîné avec deux avant-premières à Zurich et Bâle, pour la sortie du film en Suisse alémanique. C’était un peu difficile, mais j’ai tout de même pu récupérer en allant faire du parapente en Valais durant le week-end.

– Cette longue campagne de promotion est-elle une étape obligée?

– Elle était nécessaire, car il s’agit d’un film à petit budget. Cela permet de faire venir toujours plus de gens au cinéma, de nous démarquer des autres productions. Et il y en a tellement! Mais cela représente aussi pour moi un travail considérable… et bénévole. A Cannes déjà, j’ai enchaîné une cinquantaine d’interviews en quelques jours. Evidemment, ça ne me laisse plus beaucoup de temps pour mes loisirs. Mais c’est une aventure que l’on ne vit qu’une fois.

– Le titre anglophone, «My Life as a Zucchini», sonne-t-il doux à vos oreilles?

– Au début, ça a été dur d’accepter la traduction de «Courgette» dans les autres langues. Mais je me suis rendu compte que c’était mieux pour le film, car ce nom devait garder son sens premier. Ce qui était drôle, c’est que nous avons dû enregistrer les dialogues à double: aux Etats-Unis, du fait d’une forte immigration italienne, la courgette se dit «zucchini», alors qu’elle se traduit en Angleterre par… «courgette» [comme en français, ndlr]!

– A quelques jours de la cérémonie des Oscars, dans quel état d’esprit êtes-vous?

– Assez détendu pour l’instant, même si je pense que le stress va monter d’un cran dans l’avion. Avec l’équipe, on se dit qu’on a déjà atteint le sommet de l’Everest et qu’on ne pense pas arriver beaucoup plus haut. On connaît le système des votes, les gens ne vont pas toujours voir tous les films en compétition, et ce sont souvent les productions Disney ou Pixar qui gagnent, à l’exception du «Voyage de Chihiro» en 2002. Peut-être y aura-t-il une autre exception cette année? Quoi qu’il en soit, j’ai quand même préparé un discours. Aux Golden Globes, je n’avais même pas pris la peine de le faire, et lorsque plusieurs personnes nous ont dit avoir voté pour nous, j’ai eu une grosse crise de panique!

– Hâte de quitter les paillettes pour vous remettre à la réalisation?

– On peut dire ça, oui. Quand on fait des films d’animation, on est habitué à travailler dans l’ombre… En ce moment, je produis le court métrage «La femme Canon», dans notre studio lausannois. Et depuis la sortie de «Ma vie de Courgette», j’ai eu le temps d’écrire un peu pour un nouveau film. Je pourrai m’y remettre en avril.

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