Il n'est pas besoin de pousser le bouchon jusqu'au bout pour trouver dans La Vénitienne, pièce d'un anonyme italien du XVIe siècle (lire Tempo du 1er février), un prélude à ce que Marivaux allait donner au théâtre. «Un jeu de l'amour» qui conduit ses pratiquants à d'osées fantaisies. Celles consenties par les personnages de cette pièce, mise en scène par Maurizio Scaparro, ont la vigueur d'une libido aux abois. Une veuve belle et riche (Claudia Cardinale) veut s'offrir une nouvelle jeunesse avec un tombeur (Stéphane Metzger) en visite à Venise. Pour le conquérir, elle use de son argent et de la ruse de ses domestiques (Marcel Maréchal, excellent, et Catherine Allégret) qu'elle dépêche auprès du séducteur dans l'idée d'inviter ce dernier à passer une nuit chez elle. Dans l'espoir aussi de déjouer les plans d'une concurrente (Alexia Portal) qui veut tromper l'ennui de sa vie conjugale.

L'intrigue est mince. Sa trame se tisse avec les fils du marivaudage. Le divertissement érotique est donc au rendez-vous. Mais ceux qui l'entretiennent ne sont pas tous convaincants. A commencer par Stéphane Metzger, bellâtre dont la force de séduction se défait sous ses rires hébétés et son machisme débonnaire. Ce qui oblige Claudia Cardinale à surjouer la sensualité. Et à s'essouffler dans une scène d'amour où le désir est soumis à l'épreuve de la pantomime. L'actrice, qui au cinéma a été dévastatrice, exerce son charme sans faire frémir son public.

La Vénitienne. Octogone, Pully.

Jusqu'au 14 février. Loc. 021/721 36 20.