Le meilleur moyen – le plus simple surtout – de réaliser un clip en une seule prise, c’est d’élaborer une chorégraphie puis de la filmer, comme on capterait un ballet. C’est ce qu’a décidé de faire Patrick Daughters pour le morceau 1234, enregistré par la Canadienne Feist en 2007 et qui reste à ce jour son seul gros succès commercial. Mais en se compliquant la tâche avec une caméra montée sur une grue et pilotée à distance, ainsi qu’une quarantaine de danseuses et danseurs évoluant autour de la chanteuse.

Réalisé dans un vaste hangar, le clip commence le plus simplement du monde. Feist avance vers la caméra, puis pivote avant que soudainement, comme par magie, ne surgissent derrière elle des danseurs colorés comme une œuvre de pop art. Trois minutes plus tard, ceux-ci disparaîtront subitement. Entre-deux, Daughters aura filmé une chorégraphie survoltée évoquant, à travers une vertigineuse plongée, les comédies musicales enchantées de Busby Berkeley.

Le clip a-t-il réellement été filmé en une seule prise? L’apparition et la disparition des danseurs qui l’encadrent auraient tendance à nous prouver que seule la chorégraphie centrale a été tournée en continu. Or ce n’est pas le cas, comme nous le montre un petit making of visible sur YouTube, ce qui en renforce la puissance. Reprise dans une pub pour l’iPod Nano, la vidéo a été détournée par Feist elle-même en compagnie de l’équipe de Sesame Street dans une version qui, au-delà de paroles réécrites, contient… une coupe.


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