Un polar sur fond de pandémie meurtrière? Voilà qui a de quoi faire grincer quelques dents. Opportunisme de mauvais goût, mercantilisme malsain? Vous n’y êtes pas! Quand le populaire Peter May – écrivain écossais établi en France – décide d’écrire Quarantaine, c’est en 2005, en pleine flambée de grippe aviaire. Alors que certains scientifiques prédisent que le H5N1 pourrait engendrer la prochaine pandémie grippale, l’auteur se documente minutieusement. Ce qu’il découvre le terrifie. Et terrifiera par la suite les éditeurs qui jugeront son roman trop irréaliste. Repêché par le Covid-19, Quarantaine a été publié en 2020 en anglais. Le livre vient de sortir en français. Du très bon Peter May.

Resquilleurs abattus sans sommation

On l’a compris, toute ressemblance avec notre vécu actuel est fortuite. Mais à certains égards saisissante. L’intrigue a pour cadre une Londres méconnaissable. Epicentre de la pandémie, en proie à la désolation et aux pillages, la capitale est soumise à un confinement total. Partout points de contrôle et barrages de police limitent les déplacements. Et quiconque enfreint le couvre-feu nocturne risque d’être abattu sans sommation.