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roman

Au coeur du Sud profond

Parallèlement à ses nouvelles qui l’ont rendue célèbre, Eudora Welty a signé une demi-douzaine de romans, dont cette Fille de l’optimiste qui lui valut le Prix Pulitzer en 1973

Eudora Welty, au cœur du Sud profond

Genre: roman
Qui ? Eudora Welty
Titre: La Fille de l’optimiste
Trad. de l’anglais par Louise Servicen
Chez qui ? Cambourakis, 184 p.

«Elle compte parmi les écrivains américains les plus enchanteurs. Sa prose est incandescente et sa vision empreinte d’une profonde humanité», a dit Joyce Carol Oates pour saluer Eudora Welty. Née en 1909 à Jackson, dans le Mississippi, morte en 2001 dans la même ville, c’est par ses nouvelles qu’elle s’est fait connaître aux Etats-Unis dès la fin des années 1930, des récits où elle décrit avec une rare finesse les conflits raciaux et les rapports entre les différentes classes sociales dans ce deep south dont elle aura redessiné tous les visages, aux côtés de Faulkner, de Flannery O’Connor et de Carson McCullers.

Parallèlement à ses nouvelles – recueil le plus célèbre, L’Homme pétrifié –, Eudora Welty a signé une demi-douzaine de romans, dont cette Fille de l’optimiste qui lui valut le Prix Pulitzer en 1973. Nous sommes au chevet de l’ancien juge McKelva, qui a brutalement quitté sa petite bourgade du Mississippi pour se rendre dans un hôpital de La Nouvelle-Orléans afin de soigner un décollement de rétine. Sa fille Laurel est près de lui, elle a quitté Chicago pour venir assister son vieux père en compagnie de sa seconde femme, Fay, qu’il a épousée un an et demi auparavant. Et lorsque le juge – un «optimiste» très apprécié dans le district – finira par rendre l’âme, les deux femmes ne cesseront plus de s’affronter. Parce que tout les sépare: si la brutale et exubérante Fay s’avère de plus en plus envahissante, la délicate Laurel, elle, est un trésor de tact et de sensibilité…

A travers leurs conflits, Eudora Welty dépeint deux visions du monde totalement opposées tandis que Laurel, qui a le sens de la filiation et de la mémoire, commence à faire son travail de deuil dans la maison paternelle. Un deuil qui la renvoie à la disparition de son propre mari, tué au combat dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale. Et lorsque la fille du juge McKelva quittera le Mississippi pour repartir vers le Nord, c’est son passé si précieux qu’elle emportera dans son cœur, les souvenirs nostalgiques de ce Sud où elle a vécu une jeunesse radieuse.

Ce huis clos familial, Eudora Welty le décrit en pointilliste: chez cette incomparable calligraphe des états d’âme, chaque détail est lourd de sens et elle n’a pas sa pareille pour faire surgir l’émotion sous les gestes les plus anodins. Avant cette conclusion, qui résume toute la philosophie de la romancière: «Aussi longtemps que le souvenir est vulnérable dans l’instant présent, il vit pour nous, et tant qu’il vit, tant que nous en sommes capables, nous pouvons lui donner son dû.»

Pour cette calligraphe des états d’âme, chaque détail est lourd de sens

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