loufoquerie

«Coincoin et les Z'inhumains», d'la glu sur grand ou petit écran

«Coincoin et les Z'inhumains» a triomphé jeudi soir sur Arte. Témoignage d'un amateur de l'absurdité ch'ti de Bruno Dumont, qui a vu naguère «P'tit Quinquin» au cinéma, puis qui continue en mode canapé. On rit tout autant

C’est un comble. Moi la patate de canapé, vautré à regarder mes séries, ai un inoubliable souvenir de cinéma… grâce à une série. En 2014, le Festival du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF) a montré P’tit Quinquin dans sa section «films du troisième type», ce qui était la moindre chose pour cet ovni audiovisuel.

J’étais avec quelques amis, c’était un matin, et il semble que c’était mon dernier jour à Neuchâtel; je filais après la longue projection. En quatre chapitres de 50 minutes, ce fut une matinée de rires jusqu’aux larmes parfois, d’hilarité rare, d’impression de flottement complètement azimutée.


Arte a rendu disponible sur YouTube le premier épisode de P’tit Quinquin.

Une discussion avec Bruno Dumont: Pouet-pouet et métaphysique dans «Coin Coin et les Z’inhumains»


Des cadavres dans des vaches

La mini-série de Bruno Dumont, enquête sur des cadavres retrouvés dans des carcasses de vaches au pays des ch’tis, avec son commissaire ravagé par les tics d’une sidérale bizarrerie, représentait sans conteste l’ouvrage le plus fantasmagorique de la semaine. Même après avoir passé des jours à s’empiffrer de tueurs en série amateurs de pattes d’ef et de disco, de vampires ménagers s’opposant aux loups-garous et de chiens révolutionnaires, sans oublier un psychopathe allemand.

Face au maelström fantastique du NIFFF, les petites gens de Bruno Dumont, dans cet univers de plages à mystères, allaient plus loin. Je me rappelle avoir été plié sur mon siège au début du quatrième épisode, quand le commissaire, alors qu’un jeune homme retranché tire sur tout le monde en criant «Allah Akbar», théorise sur la question de l’islam en Occident avec une laconique loufoquerie.

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La deuxième saison est tout aussi drôle

A l’annonce d’une deuxième livraison, on pouvait se demander si l’auteur et réalisateur pouvait tenir la promesse. C’est le cas. Arte a commencé à dévoiler la suite jeudi soir, avec une excellente audience de plus d'un million de curieux pour la France. Sans conteste, Coincoin et les Z’inhumains est aussi drôle que la précédente, pour autant que l’on goûte ce genre de non-sens frites-mayo.

Elle a été montrée à Locarno, mais passé cela, on a appris qu’elle devait d’abord sortir au cinéma. Or, Arte a fait bloquer cette sortie afin de garder l’exclusivité des bouses d’origine extraterrestre («d’la glu!»). Par ces temps chamboulés, les chaînes jardinent leur pré carré. Je suis resté sur mon canapé. Avec plaisir.


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