La Colère, on l’a découverte sur une radio du service public où elle était dernièrement invitée à défendre La Vague, recueil gonflé à ras de synthés vintage et lascifs. Mais plutôt que de saluer l’étrangeté salée-sucrée de la Genevoise, ou bien ses drôles de textes écrits en haïku, le journaliste qui l’accueillait la «clashait» en live. «J’ignore comment on se regarde dans la glace quand on agit ainsi», médite Marcelline Marceau Simon. Alors on en rit avec elle, de ces acariâtres embusqués au sein des médias romands, et on la rassure: on vit avec son album depuis des semaines maintenant, et non seulement on l’aime, mais en plus on le défend.

Quand La Colère pénètre dans ce café du quartier de Plainpalais, on remarque les têtes qui sitôt se lèvent. Cette petite dame bien mise qui la dévisage. Ce monsieur âgé qui l’observe en douce. Longue parka olive sur le dos et bonnet couleur rouille sur le crâne laissant filer une mèche blond pâle, elle avance avec l’énergie particulière de qui fonce en se fichant de ce que l’on pense. On l’invite à s’asseoir. La serveuse rapplique. Elle se décide pour un café, puis s’inquiète de nos questions.