Collectif. Le Cinéma au pas. Sous la direction de Gianni Haver. Antipodes, 198 p.

Instrument idéal de propagande, le cinéma est exploité par les régimes totalitaires qui arrivent au pouvoir dans l'Europe de l'entre-deux-guerres. Certes, les films doivent répondre à des critères idéologiques mais également à une logique de rentabilité afin de séduire le public. Aussi lorsqu'il s'agit de fictions, ces productions sont loin de renoncer au spectacle et nombre d'entre elles s'exportent en Suisse et ailleurs. Cet excellent ouvrage collectif ne se contente pas d'une analyse fine et approfondie des films produits par certains Etats autoritaires – l'URSS stalinienne, l'Allemagne nazie, l'Espagne franquiste ou encore la France pétainiste – mais il se questionne également sur leur réception en Suisse et leur influence sur le cinéma dans ce pays. La production cinématographique fasciste, nazie et plus tard pétainiste passe régulièrement sur les écrans helvétiques. Les films soviétiques, par contre, sont accueillis avec beaucoup plus de réticence, la censure se dressant partout sur leur passage. Quant au cinéma suisse, il est fortement imprégné par ce climat et force est de constater qu'une certaine «mise au pas» de la production helvétique est également à l'œuvre pendant cette période.