Collectif. The Beat Generation. Anthologie proposée et préfacée par Gérard-Georges Lemaire. Flammarion, 1100 p.

Lorsqu'en 1957 Jack Kerouac dégoupilla Sur la Route, plusieurs trublions réfractaires à l'Amérique bourgeoise se regroupèrent dans son turbulent sillage: c'est ainsi que naquit la Beat Generation, une anti-école qui voua un culte à la révolte en faisant provision d'extase dans les paradis artificiels. Pour Kerouac, le mot «beat» signifie «être, d'une façon non dramatique, au pied de son propre mur». Cette phrase servit de manifeste aux autres mousquetaires du mouvement, qui firent souffler les vents de la liberté sur l'Amérique des sixties: mêlant poésie expérimentale et contestation politique, quête spirituelle et expériences hallucinatoires, la Beat Generation a vraiment marqué une époque. En voici une anthologie copieuse, qui ne contient hélas pas les «classiques» (Sur la Route de Kerouac ou Le Festin nu de William Burroughs, par exemple) mais des textes moins célèbres: Le Livre des rêves de Kerouac, La Chute de l'Amérique d'Allen Ginsberg, Havre des saints de Burroughs et Désert dévorant de Brion Gysin. Des œuvres de second plan, souvent, avec quelques pépites que les nostalgiques dénicheront dans un fatras de délires parfois puérils…