Colm Tóibin

Le Bateau-Phare de Blackwater

Trad. d'Anna Gibson

Denoël, 270 p.

Helen, professeur, épouse, mère de deux enfants, a depuis longtemps coupé les ponts avec sa mère dont elle pense, pour des raisons qu'elle-même sait irrationnelles, plus de mal que de bien. Mais l'inattendu survient: son frère Declan lui annonce qu'il est atteint du sida et il lui demande d'annoncer la nouvelle à leur mère. Plus encore, Declan demande que tous vivent avec lui ses derniers jours dans la maison de leur grand-mère, au bord de la mer, dans ce paysage irlandais du Wexford où les maisons côtières sont bâties sur de fragiles falaises et où la lumière des phares rythme les nuits. Tous, c'est-à-dire Helen, sa mère, sa grand-mère, et deux amis de Declan. Ainsi s'improvise, après le choc de la révélation du malheur, une vie à six, une attente que chacun s'efforce de rendre supportable, digne, conforme au désir du malade. Du côté des femmes, ce sont les souvenirs, les vieux malentendus et reproches qui se mêlent au présent; du côté des amis de Declan, c'est une extraordinaire solidarité toute colorée d'humour qui se manifeste. De cette histoire tragique, Colm Tóibin fait une leçon d'amour et de tolérance, sans jamais céder au réalisme morbide, et tout est là, exact, actuel, incompréhensible.