Les expositions à petit budget ne sont pas forcément les moins chères. En 2002 au Grand Palais, pour Chassériau, artiste romantique méconnu de la première moitié du XIXe siècle, la Réunion des musées nationaux avait prévu un budget total de 1,76 million de francs. Cette exposition n'a pas trouvé de sponsors. Le nombre de 102 000 visiteurs payants prévu n'ayant pas été atteint, le déficit programmé de 690 000 francs a été dépassé.

Pour Matisse-Picasso en 2002-2003, le budget prévisionnel était de 5,325 millions de francs. Les recettes prévues pour 364 000 visiteurs payants de 5,289 millions. Auxquelles il faut ajouter 1,5 million de francs de mécénat (LVMH et Christian Dior). Et les recettes supplémentaires à l'entrée, le nombre des visiteurs payants s'élevant à 457 954. Cette exposition a donc été largement bénéficiaire. «Mais, précise Alain Madeleine-Perdrillat, à côté de Matisse-Picasso, il y a dix bonnes expositions qui perdent de l'argent.»

Au Musée du Luxembourg, les budgets sont en moyenne de 5 à 7,5 millions de francs, bien qu'il y ait généralement moins d'œuvres que dans les expositions de la RMN. La différence vient du prix des assurances, qui a plus que doublé depuis quelques années, et de l'augmentation de la valeur des œuvres sur le marché de l'art. Les frais d'assurances de la RMN sont très inférieurs parce qu'elle bénéficie de la garantie de l'Etat pour tout ce qui provient du patrimoine national (elle n'assure que les œuvres prêtées).

Le Musée du Luxembourg a dû assurer l'exposition Modigliani pour une valeur de 700 millions d'euros. Il ne peut compter que sur les entrées (545 000 visiteurs payants pour Modigliani) et, puisqu'il se refuse à faire appel au sponsoring, sur les événements qu'il organise (des petits déjeuners ou des soirées privées, ces dernières pouvant coûter de 60 000 à 100 000 francs avec les repas). Le Musée du Luxembourg fonctionne sans subventions. Il est donc tenu d'équilibrer ses comptes.