Qui dirigera la Comédie en septembre 2011? Si tout va bien, la réponse tombera en juin. Ce matin, sous un soleil radieux et dans une pluie de ballons roses, Anne Bisang a présenté sa prochaine saison sans aucune allusion à cette succession sous tension, marquée notamment par la désaffection de l’Etat du processus de nomination.

La tonalité de cette onzième et dernière saison? Un accent sur les figures féminines d’envergure et sur «les persécutions, manipulations et autres chasses aux sorcières contre lesquelles le théâtre résiste en valorisant le courage et une éthique fondamentalement humaine», a relevé Anne Bisang. Elle-même mettra en scène une vision revisitée de «L’Honneur perdu de Katharina Blum», roman polémique de Heinrich Böll durant les années de plomb allemandes que le jeune Jérôme Richer actualisera en soulignant la part commune à chacun de «cette femme de bien jetée aux chiens» (du 25 janvier au 13 février). Autre grande figure féminine mise à mal par l’Histoire et ses proches: Mary Stuart, cousine catholique et sensuelle d’Elisabeth la protestante qui, elle, a sacrifié sa féminité sur l’autel du pouvoir. Ce duel au sommet, Friedrich Schiller en a fait une pièce, «Mary Stuart» dont Stuart Seide, orfèvre new-Yorkais établi à Paris, a souligné «la dialectique entre intime et épique» (du 23 au 26 nov.). Orfèvre lui aussi, Christophe Perton travaillera avec la talentueuse, goncourisée et polémique Marie NDiaye sur «Les Grandes personnes». «Une pièce qui convoque les fantômes, la filiation et la notion de pardon en lien avec la pédophilie», a expliqué le metteur en scène français, candidat à la direction de la Comédie (du 12 au 21 avril). Enfin, bouquet final tonitruant avec le colossal et discuté «Un tramway nommé désir», mis en scène par Krzysztof Warlikowski cet hiver à Paris. Une occasion de retrouver les états sensibles d’Isabelle Huppert (Du 14 au 18 juin).

Du bon aussi, du côté de la jeune génération. Dans un spectacle performance et sur un texte d’Elfriede Jelinek, Maya Bösch interrogera l’éternel mythe de la princesse charmante (du 7 au 11 déc), tandis que Dorian Rossel prêtera son inventivité inspirée à «L’Usage du Monde», récit de voyage fondateur de Nicolas Bouvier (du 3 au 8 mai).