Scènes

La Comédie pleure de joie avec Pippo Delbono

Des fleurs, des bateaux, des feuilles mortes, mais surtout une communauté d’êtres singuliers et bouleversants. A Genève, dans «La Gioia», le metteur en scène italien montre la voie vers l’allégement.

Que faire quand la joie s’en va? Que faire quand la prison de la dépression nous empêche d’accéder à ce qui, auparavant, nous réjouissait? Nous dénuder tout à fait, accepter notre part de différence et de folie et prendre appui sur nos amis, répond Pippo Delbono, dans La Gioia, spectacle à la fois simple et déchirant, à découvrir à la Comédie de Genève jusqu’à dimanche. Cet artiste sensible sait de quoi il parle. Parce qu’en février dernier, il a perdu Bobo, son comédien fétiche, sourd, muet et microcéphale, présence fulgurante qu’il appelait le samouraï, et sans doute pour d’autres fêlures intimes, le metteur en scène italien a sombré. La joie, dit-il sur le plateau, n’est pas un état, elle est un mouvement qui crée de l’espace, ouvre des chemins, permet de s’alléger. Sur la scène, des fleurs, des bateaux et des comédiens magnifiques dans leur singularité confirment cette aspiration profondément humaine, donc fragile. Récit d’un adieu à l’ami cher et d’un renouveau.

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