Faut-il pleurer le Festival de Sierre? Ou se réjouir qu'il puisse encore tirer sa révérence la tête haute, condamné pour de frileux motifs par une municipalité peu respectueuse de ses engagements? Survivre cahin-caha, à courir derrière un déficit d'image manifeste, à la recherche hypothétique d'une aura retrouvée, aurait peut-être été plus triste encore que ce coup de Jarnac. Et ce scénario n'était pas à exclure, même si les responsables du festival avaient le sentiment d'être en train de redresser la barre.

Sierre a été un grand festival, s'imposant comme un rendez-vous incontournable grâce à l'enthousiasme d'une équipe motivée et à la qualité de son accueil, gagnant la fidélité des Pratt, Franquin, Peyo et autres Cosey. Depuis, les éditeurs ont rechigné, submergés par un calendrier où Sierre n'était plus une priorité, les directeurs ont valsé, la qualité des expositions a joué au yo-yo. Une certaine déception en 2004 après une édition remarquable en 2003 confirmait que rien n'était acquis, d'autant que le Centre suisse de la bande dessinée, condamné lui aussi, n'était toujours pas sorti des limbes. Peut-être le temps était-il venu de renoncer à la formule consacrée de la BD, (à suivre), pour que les bons souvenirs restent vivaces.