Le Centre culturel suisse de Paris devait-il mettre ses locaux à la disposition de Thomas Hirschhorn? L'UDC, par la voix de Jean Fattebert sur la RSR, a déjà réagi (par la négative, bien sûr). Il faut tenter de répondre à cette question sans y mêler à l'excès l'opinion que chacun est en droit d'avoir sur la valeur de l'art contemporain.

Que cette exposition nous irrite ou nous enthousiasme, elle ne s'écarte pas du cahier des charges du CCSP. Depuis des années, ce dernier s'efforce de faire mieux connaître en France les artistes de notre pays. Il a aussi pour tâche de faire savoir aux Français qu'un artiste reconnu chez eux est en fait un artiste suisse. C'est le cas de Thomas Hirschhorn.

Faillait-il que le CCSP veille à ce que Thomas Hirschhorn n'étale pas nos débats politiques à l'étranger? Outre que ces débats sont connus et que Thomas Hirschhorn n'attente pas aux mœurs, les démocraties s'honorent de ne pas dicter leurs discours aux artistes. Seuls les régimes autoritaires et les officines de publicité réservent leur argent aux éloges. La manifestation du CCSP dure huit semaines. Elle mobilise en permanence trois personnes (dont Thomas Hirschhorn) et six comédiens. Elle coûtera 180 000 francs. Beaucoup moins que Sensations Suisses (1 million 125 000 francs), la décoration à la gloire de notre pays ratée par Suisse Tourisme sur la place Vendôme à Paris.

Un ministre de la Culture français, dont le souvenir s'est effacé, recommandait aux artistes de ne pas se présenter la sébile dans une main et le cocktail Molotov dans l'autre. Le CCSP et Thomas Hirschhorn ne présentent ni l'une, ni l'autre. Ils font leur travail.