Pourquoi les questions d'argent, en matière de culture, suscitent-elles toujours autant de débats? Pour en rester au domaine des musées, leur entrée doit-elle être gratuite? Y a-t-il trop d'institutions subventionnées en Suisse? Le public doit-il aider les privés à montrer leurs collections?

Tout cela est en fait lié. D'abord parce que la plupart des musées n'existeraient pas sans une multitude de dons, de legs et sans l'activité de différentes associations et sociétés. Que l'on pense aux Sociétés des beaux-arts qui aujourd'hui encore jouent un rôle primordial dans la gestion de la plupart des grands musées alémaniques.

Même à Genève, où le Musée d'art et d'histoire, comme d'autres, est directement rattaché au Département de la culture, dans un système centralisateur à la française, l'apport des privés, année après année, est important. Il a été d'autant plus utile quand les budgets d'acquisition ont fondu.

Aujourd'hui, la nouveauté, c'est le lancement d'une souscription populaire. Si l'aide de quelques généreux bienfaiteurs est la bienvenue pour que le projet Nouvel ne devienne pas définitivement transparent, l'espoir est aussi mis dans un plus large mouvement citoyen. La réussite de l'expérience se jugera non pas tant à l'argent récolté qu'au nombre de participants. Il ne s'agit pas seulement de trouver un financement, mais aussi de prouver aux récalcitrants qu'il existe un engouement pour cet agrandissement. Cela dénote un enthousiasme, c'est aussi une prise de risque. Une forme de sondage avant un éventuel référendum.