Une directrice remplace l'autre à Prangins. A Zurich, deux hommes s'affrontent sur la politique à suivre. Et si, avec des têtes neuves, on inaugurait un nouveau climat et de nouvelles idées? Le rôle du Musée national - ne parlons que de Zurich et de son annexe romande au Château de Prangins - doit être revu. Il ne répond plus aux questions des visiteurs, qu'ils soient suisses ou étrangers.

D'un musée national, on attend en principe qu'il éclaire le rapport entre un peuple et son territoire à travers l'histoire. Exercice pratique: comment répondez-vous aux questions d'un enfant qui s'intéresse à l'histoire suisse? Un livre? Chez les petits, l'école ne travaille plus avec des manuels. L'Histoire suisse en bande dessinée? Certains volumes sont épuisés. Prangins propose un parcours didactique intéressant, mais s'en tient à la Suisse moderne. Quant à Zurich, la présentation décousue ne permet pas aux visiteurs d'acquérir une connaissance générale.

Pourtant, seul le Musée national pourrait remplir ce rôle pédagogique central dans un pays où les musées sont l'affaire des cantons et des communes. Les débats récurrents autour de la présentation de l'histoire, les tiraillements du fédéralisme et la difficulté de faire de véritables choix sur la conservation des objets témoins faussent le débat. Ce sera à Jean-Frédéric Jauslin, chargé de l'avenir des musées, de revenir à l'essentiel.