Jeudi, j’ai revu quelques épisodes de Commissaire Moulin. Le décès d’Yves Rénier, le week-end dernier, donnait envie de rendre un petit hommage. On trouve le tout premier épisode gratuitement sur YouTube. J’étais trop petit quand le feuilleton est apparu, en 1976. C’est devenu un divertissement familial plus tard. J’adorais Moulin, le personnage, ces enquêtes un peu en zigzag, cette musique électronique singulière faisant maintenant penser au registre des gialli qui maculaient l’Italie de sang dans les années 1970.

Un canon français

C’est une évidence, Commissaire Moulin fait partie du patrimoine. La série conçue par le scénariste Paul Andréota, faite de téléfilms de 1h30 comme ce fut longtemps le cas en France, a imposé un certain canon du feuilleton policier hexagonal, avec son flic central, non conformiste mais en même temps bon petit soldat de la loi. Alors que, sous l’influence des romans d’Ed McBain, les Américains développaient dès les années 1980 la fiction policière de groupe, à Paris on demeurait rivé à l’enquêteur unique et son faire-valoir (le malicieux Guy Montagné).