Laura est Finlandaise, mais c’est à Moscou qu’elle a choisi d’étudier l’archéologie. Elle a un rêve: partir à Mourmansk, à quelque 2000 kilomètres plus au nord, afin de voir en vrai les pétroglyphes de Kanozero. Plus prosaïquement, elle a peut-être simplement envie de se retrouver seule, loin de la femme qui la loge à Moscou, et qui est devenue son amante. La voici dans le train pour un long trajet, dans ce Compartment No. 6 qui va donner son titre au film. Et qu’elle va devoir partager avec Lioha, un jeune ouvrier qui a pour compagne de voyage une bouteille de vodka, et ne s’embarrasse guère des formalités d’usage lorsqu’il s’agit de draguer Laura.

En 2016, Juho Kuosmanen avait remporté à Cannes le Prix Un Certain Regard pour The Happiest Day in the Life of Olli Mäki. Il accède cette fois à la compétition principale avec un road-movie en forme de récit initiatique. Au fil des kilomètres, Laura et Lioha vont apprendre à se connaître, et se rendre compte qu’ils ne sont finalement peut-être pas si éloignés l’un de l’autre que cela. En tous les cas, ils remarqueront à la fin du film qu’ils ont vu tous les deux le Titanic de James Cameron, seule indication temporelle permettant de penser que le film se déroule vers la fin des années 1990 – on n’y voit pas de téléphone portable.

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Adapté d’un roman de l’autrice finlandaise Rosa Liksom, Compartment No. 6 est une œuvre qui prend son temps, démarrant lentement avant de peu voir son récit gagner en densité. Mais ce n’est hélas pas suffisant: une fois le train arrivé à Mourmansk, on a déjà perdu notre intérêt pour des personnages finalement peu intéressants.