La gérante d’un fast food, Sandra reçoit un coup de fil d’un policier à propos d’un sujet délicat : une des employées aurait volé de l’argent à une cliente. Elle a porté plainte, il y a des témoins. Comme l’inspecteur est sur le terrain, occupé à fouiller l’appartement du frère de la voleuse, présumé dealer d’herbe, il demande à la gérante d’isoler Becky en attendant l’arrivée des forces l’ordre. De fouiller son sac. De fouiller ses vêtements. De procéder à une fouille au corps. Réticente, mal à l’aise, mais prête à aider la police, à faire son devoir citoyen, Sandra se prête aux exigences de l’interlocuteur téléphonique. Becky est accusée, humilié, dénudée, frappée, abusée pour un crime – qu’elle n’a évidemment pas commis.

Le spectateur a compris au bout de trois minutes que le policier était un pervers, le cinéaste ne fait d’ailleurs pas trop durer le suspense en montrant le quidam derrière son téléphone. Tirée de quelque 70 affaires semblables survenues dans 30 Etats américaines, Compliance propose une variation cinématographique sur l’expérience sur la soumission à l’autorité conduite par le psychologue américain Stanley Milgram (et popularisée par le film I comme « Icare») est effrayante. Mais la démonstration des mécanismes psychologiques n’est pas totalement maîtrisée et l’affaire traîne en longueur. On notera que l’employé du fast food qui brise le cercle de la soumission est le plus marginal d’entre tous, genre vieux baba bourlingueur. Au moment où il dit non, l’édifice des manipulations s’effondre comme un château de cartes.