En juillet dernier, Le Temps a lancé un concours de photographies sur la représentation helvétique. Enjeu: afficher un bout de notre identité sans tomber dans les clichés. Nous avons reçu plus d’une centaine de propositions, nous en avons gardé dix.

Voir la galerie des gagnants.

Parmi celles-ci, Maxime Papaux, 28 ans, l’emporte avec une image au sujet parfaitement banal. Etudiant en sciences des religions à l’Université de Fribourg et employé à l’APCD Fondation, le jeune homme dépense toutes ses économies dans les CD qu’il chronique sur son blog. Entre deux activités, il capture le monde à l’aide de son smartphone.

Le Temps: Pourquoi cette image?

Maxime Papaux: Je voulais une esthétique du commun, en dehors de la fiction identitaire et des mythes nationaux, parce que le quotidien en dit plus sur ce que nous sommes que les clichés d’une Suisse imaginaire. La suissitude est évoquée dans l’implicite de l’image: symétrie des lignes, découpe propre et harmonieuse des plans, air atemporel du motocycliste.

Qu’en est-il de l’humour?

J’ai hésité à appeler cette image Les Petites Fugues, en référence au film d’Yves Yersin. Mais j’ai finalement opté pour Hells Angels, plus marrant. Ce K-Way hors du temps, c’est aussi une image de la Suisse conservatrice, c’est à la fois drôle et pas drôle.

Quel rapport entretenez-vous avec la photographie?

Je n’ai pas la prétention d’être photographe, mais j’aime capturer l’esthétique des choses communes et insolites. Instagram et les téléphones mobiles encouragent à observer et à saisir les choses. C’est l’idée d’un safari-photos: j’aime me conduire en touriste dans mon propre pays. Instagram est une manière de compiler mes images et mes souvenirs quelque part, je ne cherche pas le nombre de «vu».