Musique

«Confessions», les dingueries profondes de Katerine

Pour ses 50 ans, le fantasque chanteur français s’offre 18 chansons en forme de confidences. Pour un dixième album aussi loufoque que profondément en prise avec son époque

Au sortir d’un Film intimiste, introspectif et endeuillé tout en piano-voix voilà trois ans, Philippe Katerine semble avoir eu besoin d’extraversions textuelles et d’hybridations sonores. Confessions, son dixième album studio très pop, imaginé sur son ordinateur portable, réactive les excentricités et loufoqueries que le chanteur français a érigées en art majeur depuis près de trente ans. Il y adjoint cette fois un groove stupéfiant, des sons contemporains empruntant au hip-hop (de PNL, de Kendrick Lamar ou de Frank Ocean), des invités de marque (Gérard Depardieu, Lomepal, Angèle, Camille, Gonzales ou Dominique A) et sa voix dédoublée à souhait pour accentuer une polyphonie polysémique déjà riche.

Mais comme à son habitude, derrière le vernis fantasque de ses chansons, Katerine aborde l’air du temps et son époque trouble avec aplomb, dérision et clairvoyance, en évoquant aussi bien le sexe que la paternité, la mort, le racisme, l’homophobie ou la politique. «Il se trouve que, dans cette période de ma vie, j’étais très agité, très perméable à tout ce que j’entendais. Les fenêtres étaient ouvertes. J’étais, disons, à l’égal de l’agitation du monde, qui ces derniers temps avait beaucoup donné de ce côté-là. J’étais donc très poreux», a expliqué récemment le chanteur au quotidien Libération à propos de la violence et de l’urgence qui traversent ses Confessions.