La commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil des Etats, présidée par Christiane Langenberger (PRD/VD), désavoue le Conseil fédéral à propos du Musée national suisse (MNS). Elle refuse que l'institution soit transformée en fondation de droit public.

Ce statut correspond au «troisième cercle» de l'administration, comme celui de La Poste. Le gouvernement le propose afin que le Musée jouisse d'une plus grande marge de manœuvre pour sa gestion, en matière de personnel et de recherche de sponsors, notamment. Les sénateurs approuvent l'objectif général, mais ils ne sont pas convaincus du procédé retenu. A l'unanimité, ils ont décidé de créer une sous-commission sur ce sujet. Entre autres arguments, la crainte d'un désengagement de l'Etat fédéral dans le Musée est évoquée, avivée par une expérience comparable menée en Autriche, où l'on songe à faire marche arrière. L'institution doit certes chercher davantage de sponsorings, mais ces recettes-là sont volatiles et si les subsides publics baissent, la gestion de l'établissement devient hasardeuse, ont estimé les élus. Ceux-ci refusent d'être mis «sous pression» par le Conseil fédéral, indique Christiane Langenberger.

Organisation interne à étudier

Le débat porte aussi sur l'organisation interne du MNS, dont le siège principal est à Zurich et le «siège romand» à Prangins. Face au nouveau projet de loi, les cantons de Vaud et Genève avaient estimé que Prangins serait relégué au rang de simple filiale de la «holding MNS». De plus, les bisbilles entre Zurich et Prangins ont retenu l'attention des commissaires. Christiane Langenberger évoque ainsi «les différences d'appréciations et la mésentente au sein du MNS, qui portent sur des questions fondamentales, d'orientation muséologique». Une clarification serait bienvenue, estiment les sénateurs, avant de prendre une décision définitive.