A la question «Qu’est-ce que veut dire écrire?», Charles-Albert Cingria répondait: «Ecrire, c’est enfermer dans des signes une force qui est celle de la chose qu’on veut signifier.» Rarement, une romancière contemporaine est à ce point parvenue à posséder les mots, à leur insuffler cette force, terrible et sublime, qui doit leur permettre – jusqu’à nous prendre aux tripes, jusqu’à nous en faire perdre le sommeil – de signifier.

L’histoire que nous narre Constance Debré est celle d’une femme quadragénaire, avocate, qui a vécu vingt ans avec son mari, Laurent, avec lequel elle a eu un enfant, Paul, et qui décide un jour de tout plaquer. Elle découvre son homosexualité, quitte son travail, habite seule dans un petit appartement, enchaîne les conquêtes; le mari, humilié, refuse peu à peu que son ex-femme revoie son fils, il l’accuse de déviances, prend ses lectures – Genet, Sade, Bataille – à témoin devant le juge, le fils choisit le parti du père, la mère est privée de son enfant.