Faut-il revenir aux images? Celle de cette punkette provinciale, aux cheveux mal décolorés, qui inspirait au milieu des années 80 les adolescentes sur trois continents. Une puissance visuelle, une danse extravertie, parfois obscène. La première Madonna était sans doute déjà une construction, puisée dans ses sorties nocturnes parmi les clubs amalgamés de downtown.

Elle s'est réinventée, oui. Constamment. Surtout la chevelure, qui résume bien l'étendue des transformations à travers les ans. Marie-Antoinette un jour, Marilyn lesbienne un autre. Jusqu'à cette ultime incarnation depuis son installation en Angleterre avec le réalisateur Guy Ritchie, il y a dix ans, et dont elle se séparerait aujourd'hui.

De la putain à la mère. Il n'est pas infamant de résumer ainsi ce parcours qui joue sur les symboles. En août 2005, Madonna pose pour le Vogue américain. Sur un cheval, veste en tweed, avec son mari revêtu d'un chandail. On dirait une ménagère en villégiature dans les années 50. Quand elle présente son premier livre pour enfants, elle porte le type de robe à fleurs dont les vieilles dames de son enfance à Rochester, Michigan, étaient affublées.

On pourrait conclure à l'assagissement. Elle a 50 ans depuis quelques jours. Mais la plupart du temps, elle apparaît dans les journaux à la sortie de son fitness, en training à bandes. Son corps est une sculpture sans graisse. Un chantier permanent. Madonna est une mère comblée qui veut encore, certaines nuits, se transformer en fauve. Si le rôle l'exige.