Millénaire, l'art aborigène connaît, depuis vingt à trente ans, un renouveau notable. Parce qu'il n'est pas éloigné des formes abstraites et minimalistes de l'art occidental auxquelles nous sommes désormais accoutumés. La relation est peut-être fortuite mais elle a l'avantage de mettre à mal les séparations théoriques. Et elle convient aux créateurs autochtones actuels, toujours craintifs de voir leurs œuvres marginalisées, alors qu'ils revendiquent leur place dans le monde contemporain. Même quand leur art fait référence à des traditions hors temps et à une religiosité clanique, liée à des lieux géographiques précis.

On sait l'importance des transpositions pour ces populations. Depuis les temps mythologiques, les rêves explicitent les appartenances, renforcent la cohésion sociale et dictent les comportements. A ce propos, certaines notices accompagnant les œuvres présentées au Musée olympique donnent quelques clés de lecture fournies par les artistes. Mais il suffit de découvrir, dans le catalogue, des vues aériennes régionales, pour réaliser à quel point ces œuvres sont évocatrices, alors qu'elles ne passent que pour des abstractions de lignes et de points. Ces écritures obéissent d'ailleurs à des styles et des genres très différents, d'autant plus particularisés qu'elles sont le fait d'initiatives individualisées. Le catalogue les commente. Mais, à regarder la soixantaine de peintures récentes (à l'acrylique) et les quelques sculptures – appartenant à deux collections privées –, on note clairement les changements, même s'ils se passent dans la continuité.

Art aborigène: Jouvence millénaire. Musée olympique (quai d'Ouchy 1, Lausanne, tél. 021/621 65 11). Ts les jours 9-18 h (je 20 h). Fermé le lundi d'octobre à avril. Jusqu'au 15 octobre.