«Les retards que le projet a subi depuis son lancement en 2002, notamment en raison du recours d’un voisin, nous ont finalement permis d’approfondir le concept», a déclaré lundi devant la presse à Corsier Philippe Meylan, promoteur et architecte du musée. Il espère désormais obtenir le permis de construire d’ici janvier ou février 2010 pour ce projet «très innovateur».

Intime et interactif

Le plan d’investissement prévoit la rénovation du Manoir de Ban, où Charlie Chaplin a passé les 25 dernières années de sa vie jusqu’à sa mort en 1977. Les visiteurs pourront y revivre l’intimité d’un manoir familial, «comme s’ils y étaient invités par le célèbre acteur». La ferme également située sur le domaine sera transformée en billetterie, restaurant et bureaux.

Attenant à l’ancien garage, un nouveau bâtiment dédié à la filmographie du célèbre cinéaste laissera une large place à l’interactif. Sa surface équivaut à celle du futur musée des Beaux-Arts de Lausanne, a expliqué Yves Durand, responsable de la muséographie. Ce hall se veut discret et prend racine à huit mètres de profondeur. Ses 12’000 mètres cubes épouseront la forme d’un studio de cinéma et proposeront 2000 mètres carrés d’interventions scénographiques et multimédias.

Pas de Disneyland

Les visiteurs découvriront un condensé du XXe siècle à travers l’œuvre de Charlie Chaplin, mais avec les moyens du XXIe siècle, a souligné Yves Durand. Tous les aménagements répondront au respect de l’environnement. Les 237 places de parc ne seront pas visibles du manoir, mais installées en périphérie, a précisé M.Meylan.

Les promoteurs du «Chaplin’s world-The Modern Times Museum», le nouveau nom du musée, ont fait appel à François Confino, un spécialiste mondialement connu, pour réaliser la scénographie. «Le parcours de découverte se veut drôle, amusant, mais souhaite aussi montrer des Charlot et Charlie Chaplin authentiques, a expliqué l’artiste. Nous refusons de «disneylandiser le personnage».

Nestlé comme partenaire

Les investissements prévus se montent à environ 50 millions de francs. Le musée a reçu un appui de poids avec l’association de Nestlé Suisse au projet. La participation du géant de l’agroalimentaire veveysan est «confidentielle, mais conséquente», a déclaré son directeur Roland Décorvet.

«Nous présentons aujourd’hui un partenaire, mais nous avons d’autres pistes, tels des sponsors, donations, financements privés ou encore subsides», a expliqué Philippe Meylan. «Une fois le permis de construire obtenu, un business plan sera élaboré», a-t-il affirmé.Une fois réalisé, le musée pourra accuiellir plus de 250’000 visiteurs par an.

Ténacité des promoteurs

Dès l’obtention du permis de construire, le chantier pourra démarrer en juin, si tout va bien. Il faudra ensuite deux ans pour la construction. Présent lundi au manoir, le fils du cinéaste Michael Chaplin a remercié la fondation du musée et les développeurs du projet pour leur ténacité face aux obstacles rencontrés.

Depuis 2002, les promoteurs ont notamment dû faire face à divers obstacles financiers et au recours d’un voisin. Ce dernier a finalement été débouté par le tribunal administratif du canton, puis l’an dernier par le Tribunal fédéral.