Le 8 décembre prochain, cela fera 40 ans que John Lennon, le fondateur des Beatles, est mort assassiné à New York, à l'âge de... 40 ans. Retour, toute cette semaine dans «Le Temps», sur le parcours d'un des artistes les plus populaires du XXe siècle.

Episodes précédents:

Bob Dylan a initié les Beatles à la marijuana et leur musique s’en est ressentie. Rubber Soul baigne dans les volutes d’herbe. L’année suivante, à Londres, un ami de John Lennon et de George Harrison glisse ni vu ni connu un acide dans leur café. Les portes de la perception s’ouvrent. «On est devenus fous», se souvenait John. Ils se rendent dans un club, ils le voient en feu; la table s’allonge et c’est comme si la maison de George était un gros sous-marin… Les deux musiciens prennent goût aux flambées lysergiques – leurs camarades sont moins branchés. John estime avoir fait un millier de trips. Personne ne met en doute sa propension à la fanfaronnade.

L’album Revolver est imprégné de LSD. Outre Yellow Submarine, cette joyeuse comptine invitant tout un chacun à partir «vivre sous les vagues» et inspirant un merveilleux dessin animé, deux fortes compositions de Lennon plongent dans les espaces du dedans. She Said She Said est une complainte aux fines dissonances dans laquelle une fille dit: «Je sais ce que ça fait d’être mort.» Quant à Tomorrow Never Knows, la «première chanson psychédélique», c’est un mantra inspiré par le Livre des morts tibétain et sous influence de Stockhausen: des boucles sonores font entendre des chœurs de mouettes spectrales, le solo de guitare passe à l’envers, et John a tenu à ce que sa voix sonne comme si le Dalaï-Lama chantait du sommet de l’Himalaya…