L'année de tous les doutes et de toutes les joies pour le nouveau directeur du Théâtre de Carouge. En février, le metteur en scène franco-suisse, 38 ans, a les honneurs – rares – de la Comédie-Française. Il y monte Penthésilée, tragédie à bride abattue du romantique allemand Heinrich von Kleist. La critique parisienne est cruelle. Premier échec pour Jean Liermier, habitué jusqu'alors à voler d'un succès à l'autre. Les comédiens de la grande maison ne sont pas entrés dans son jeu. Consolation? Le 31 octobre, l'artiste inaugure son mandat à la tête du Théâtre de Carouge en présentant Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux. Le spectacle ravit par son classicisme endiablé. Avant la première, le metteur en scène avouait ses doutes: «Quelque chose s'est fêlé avec Penthésilée. J'attends de Marivaux qu'il m'aide à renouer avec le feu, sinon, pourquoi continuer?» Jean Liermier brûle de nouveau.