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Dans les coulisses du «Temps de la Comédie»

Fruit d’une collaboration avec l’institution genevoise, ce blog raconte l’aventure du chantier de la Comédie, l’un des plus ambitieux de Suisse romande. Règles et raisons d’une alliance inédite

Des plumes et des masques. L’alliance est inédite. Au printemps 2018, notre média et la Comédie de Genève imaginaient un partenariat sans précédent. Son objet, son cœur, sa matière: le chantier de la Nouvelle Comédie, qui ouvrira en septembre 2020, à cinquante mètres de la gare souterraine des Eaux-Vives, elle aussi en construction.

Pour raconter cet accouchement, les transformations en série qu’il entraîne, il nous a semblé que la formule la plus heureuse était un blog dédié, «Le Temps de la Comédie», lancé le 22 septembre 2018. Preuve qu’il correspond à un besoin: il réunit chaque mois plus de 10 000 lecteurs.

Pourquoi cette initiative?

Deux raisons au moins l’ont commandée. La première est historique. Dès sa naissance en 1998, Le Temps s’est positionné en faveur de la construction d’une nouvelle Comédie, capable d’offrir enfin au public et aux artistes le meilleur de la modernité théâtrale. Quand le chantier a démarré, nous avons pris naturellement langue avec les directeurs tout juste nommés alors du théâtre, Natacha Koutchoumov et Denis Maillefer.

La deuxième raison tient à l’idée que nous nous faisons de notre mission: une rubrique culturelle doit non seulement informer, surprendre, identifier des phénomènes, critiquer, mais aussi accompagner de grandes aventures. Le chantier de la Comédie est hors du commun, à l’échelle genevoise et romande, par sa taille, son investissement – plus de 100 millions –, son impact sur la vie d’une population et d’une région.

Bref, nous ne nous imaginions pas nous cantonner au rôle de spectateur: il fallait déployer cette histoire en multipliant les angles de vue, en ménageant la surprise, en donnant la parole aux acteurs de l’aventure. Pour que le lecteur soit aux premières loges, en somme.

Qu’est-ce qui a rendu ce blog possible?

Sollicitée par la direction de la Comédie, la Loterie Romande contribue à des opérations visant à accompagner la mutation de l’institution. Notre blog bénéficie de ce soutien.

Que trouve-t-on dans «Le Temps de la Comédie»?

Des enquêtes et des reportages vidéo, notamment, sur les espoirs des habitants du quartier, le spleen des commerçants confrontés aux vicissitudes du chantier, l’enthousiasme d’une classe du Cycle d’orientation de la Gradelle, établissement voisin du futur théâtre, etc.

Des rencontres avec les artisans du chantier, les architectes lauréats du théâtre par exemple, Sara Martin Camara et Laurent Gravier.

Des tribunes de personnalités artistiques, politiques ou économiques, qui disent ce qu’elles attendent de ce pôle de création adossé à une gare par laquelle transiteront chaque jour près de 50 000 passagers.

Des feuilletons. Nous avons voulu que ce blog ait une dimension artistique, qu’il soit la scène privilégiée de talents confirmés ou en devenir.

Les photographes Niels Ackermann et Eddy Mottaz offriront chacun, jusqu’à l’ouverture du théâtre, des visions personnelles, uniques et insolites de la vie du chantier.

Sous la direction de leurs professeurs Clément Paurd et Nadia Raviscioni, une trentaine de jeunes dessinateurs de la HEAD de Genève proposent chaque semaine deux à trois strips autour d’un thème, «Un roman de gare» actuellement, après «Fantômes de théâtre».

Comment éviter le mélange des genres?

La question est plus que sensible, elle est cruciale. Si Le Temps a les pieds dans le chantier, il se doit de conserver son indépendance critique vis-à-vis des spectacles de la Comédie. Pour marquer les frontières, nous avons décidé d’un commun accord que le blog n’aborderait pas de sujets artistiques. Vous n’y trouverez donc ni reportages sur les créations de la maison, ni portraits d’artiste, ni critiques. Ces approches restent réservées au Temps.

Lire aussi: A la Comédie, les masques tombent en beauté

Peut-on conserver un esprit critique?

Il y va de notre crédibilité. Si la saison conçue par Natacha Koutchoumov et Denis Maillefer nous a souvent enthousiasmés, Marie-Pierre Genecand et moi-même, nous avons aussi marqué notre déception devant certaines productions que nous avons jugées faibles. Ce fut le cas en janvier du Royaume, d'Oskar Gomez Mata, et en février de Gen Z – Searching for Beauty, de Salvatore Calcagno.

Notre cap est clair, c’est une affaire d’honnêteté intellectuelle, de respect du lecteur, mais aussi des autres théâtres genevois et romands.

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