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«Coup de foudre à Notting Hill», 20 ans déjà

Alors que le Festival international de films de Fribourg célèbre la comédie romantique, retour sur les ingrédients d’un succès planétaire

Vingt ans et pourtant pas une ride pour Coup de foudre à Notting Hill. Réalisé par Roger Michell, ce film britannique avec Hugh Grant et Julia Roberts traverse les époques. L’ouverture du Festival international de films de Fribourg (FIFF), qui consacre cette année sa section Cinéma de genre à la comédie romantique, permet de revenir sur une romance considérée comme l’une des meilleures de sa catégorie.

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Hugh Grant y interprète William Thacker, petit libraire de Londres. Il vit en colocation avec Spike et mène une existence tranquille. Puis débarque Anna Scott, actrice américaine à succès, incarnée par Julia Roberts. Elle passe la porte de sa boutique et la magie opère. De cette rencontre naît une romance qui fait s’entrecroiser les paillettes d’Hollywood et le destin a priori quelconque d’un libraire anglais. «L’un des enjeux du film réside dans la façon dont ils vont surmonter leurs différences, bien que celles-ci soient aussi la source du comique», avance Tomas Gonzalez, metteur en scène et comédien ayant travaillé sur les blockbusters et les représentations qu’ils véhiculent.

C’est alors que l’idylle se complique. Anna, en plus d’être célèbre, était déjà en couple avant de s’abandonner à William. Elle décide alors de partir, et va cruellement manquer à son amant British. D’où un fameux plan-séquence traduisant le désespoir de William, amoureux transi traversant les saisons au rythme de Ain’t No Sunshine de Bill Withers.

Le charme britannique des années 1990

Coup de foudre à Notting Hill est sorti en 1999, à la fin d’une décennie de règne britannique sur la comédie romantique. «Le film reprend la même trame que Quatre mariages et un enterrement en respectant tous les codes du genre», explique Tomas Gonzalez. L’envoûtement passe d’abord par Notting Hill, quartier coloré, très victorien et toujours à la mode. Une vision «très idéalisée de Londres, et aujourd’hui critiquée».

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L’atout séduction du film reste toutefois ses acteurs. D’abord Hugh Grant, véritable icône de la comédie romantique. «Maladroit, réservé avec un beau style. Le charme à l’anglaise», avance Pauline, amatrice de 15 ans. Mais Julia Roberts n’a rien à lui envier: «Elle a de la classe avec un style très simple.» Soit tout le génie des années 1990, dont les habits reviennent à la mode aujourd’hui. «J’aime ses pantalons, le béret qu’elle porte dans la librairie et ses fines lunettes noires. J’ai les mêmes», poursuit l’adolescente, en parlant des solaires «œil de chat» de l’actrice, devenue égérie de la marque Lancôme.

Le modèle masculin du loser

William et Anna forment un couple extraordinaire. On peut pourtant facilement s’y identifier, notamment au personnage de Hugh Grant, qui a un côté M. Tout-le-Monde. Anna devrait vivre avec un acteur, mais c’est lui qu’elle choisit. De quoi appuyer le constat du metteur en scène: «Etre avec une célébrité est un fantasme adolescent. C’est l’idée de base du scénario de Richard Curtis. S’interroger sur ce qu’il se passerait si une actrice connue débarquait chez vous lors d’un dîner entre amis.» Ce schéma mêlé au modèle masculin du loser – repris plus tard au féminin avec Bridget Jones – permet une identification universelle, qu’on soit homme ou femme. Quelque part, on aimerait tous vivre à Notting Hill.

Plaisir coupable

«La dimension de plaisir est au cœur du film, confie encore Tomas Gonzalez. Un plaisir coupable dont la trame est très proche du conte de fées. On sait ce qu’il va se passer et on attend les scènes inévitables. Notamment la course poursuite finale, ou lorsque Anna sonne à la porte de William pour lui demander de l’aimer. Mais elles sont si bien traitées qu’elles sont devenues des séquences d’anthologie.» Grâce aussi à beaucoup de retenue dans l’émotion. «C’est très britannique, pas trop guimauve.»

En dehors de l’homme normal qui réussit à conquérir une actrice, c’est le spectateur qu’incarne finalement Hugh Grant en filigrane. «William qui tombe amoureux d’Anna Scott, c’est un peu nous qui tombons amoureux du film», conclut Tomas Gonzalez.

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