Scène

Coup de massue au Théâtre de Carouge

Lancé par le MCG, le référendum demandant que la population puisse se prononcer sur la reconstruction de la grande maison carougeoise a abouti. La bataille promet d’être épique

Coup de matraque pour les uns, champagne pour les autres. Le référendum lancé à Carouge par le MCG demandant que la population puisse se prononcer sur la reconstruction de son théâtre a abouti. Selon nos confrères de la Tribune de Genève, le député au Grand Conseil Sandro Pistis a déposé lundi après-midi 1722 précieuses signatures au service des votations et des élections des Acacias. Conséquence: les Carougeois devraient pouvoir voter d’ici à la fin de l’année sur le futur de leur salle.

54 millions

A priori, tout semblait joué pourtant. En février, le Conseil municipal votait à une large majorité – 25 oui, 5 non – le crédit de reconstruction de la maison. La somme? Près de 54 millions. Un investissement considérable? Pas si on le compare à celui de la Nouvelle Comédie, qui devrait voir le jour en 2020 sur le site de la Gare des Eaux-Vives – future station phare de la liaison Cornavin-Annemasse - pour un peu plus de 100 millions. Sur ces 54 millions, la Ville de Carouge en prenait en charge 24. Le canton de son côté devait en apporter 10. L’Association des communes genevoises et des privés devaient compléter.

C’est tout l’édifice qui est à présent menacé. Sandro Pistis et le MCG ont souvent expliqué que la reconstruction du bâtiment représente une dépense déraisonnable au vu du contexte, qu’une rénovation devrait suffire. Ce n’est évidemment pas l’avis du metteur en scène Jean Liermier qui tient avec passion les brides de la maison depuis 2008. Cet automne, sur les piazzetas de l’ancienne ville sarde, les lazzis fuseront sans doute.

Jean Liermier prévoyait dès septembre une saison extra-muros, des spectacles sous chapiteau ou dans des lieux insolites, histoire de laisser la place aux marteaux-piqueurs. Il n’imaginait pas qu’il s’agirait aussi de faire campagne.

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