Ma semaine technologie

Et tout à coup, la productivité a disparu

Depuis la première fois depuis 30 ans, une baisse de la productivité a été observée par des chiffres américains. Il y a de quoi s’inquiéter car cela indique que nous devrons travailler davantage pour simplement rester au même niveau de prospérité

C’est l’énigme économique du moment. Alors que rien ne nous préparait à cela, des chiffres américains ont montré une baisse de la productivité, une première depuis 30 ans. C’est vrai dans tous les grands pays et aussi en Suisse. Il y a de quoi s’inquiéter car cela indique que nous devrons travailler davantage pour simplement rester au même niveau de prospérité. Nous sommes toujours plus éduqués, les investissements dans les outils de production s’avèrent considérables mais il y a une évaporation de l’efficacité et personne ne parvient vraiment à comprendre pourquoi.

Nous sommes devenus une société en grande partie basée sur la science et la technologie. Alors que les débats politiques passionnaient les générations tant qu’il y avait une polarisation entre capitalisme et communisme, le tout économique a ensuite pris le dessus avec l’espoir que le libéralisme en devenant global – et en se dénommant mondialisation – réglerait la plupart des problèmes. Pas si simple.

Depuis une quinzaine d’années, l’innovation, l’entreprenariat et l’espoir suscité par la technologie appliqué à tous les domaines ont pris le relais comme thèmes dominants dans la conversation planétaire. Là où politique et économie avaient échoué, la foi dans un futur basé sur la science rendrait le monde meilleur, cette fois c’était sûr. Encore raté. Nous avons libéré de leurs chaînes de nombreux secteurs économiques à coup de digitalisation mais la magie du progrès n’opère plus.

Les gains de productivité signifient tout simplement une amélioration du niveau de vie. Et quand ils sont absents, les salaires se retrouvent sous pression, fragilisant travailleurs et groupes sociaux les plus faibles et obscurcissant les perspectives de la classe moyenne. Inégalités croissantes et tentations populistes dans les urnes sont les premières conséquences que nous ressentons déjà. Quant aux Etats endettés, ils ne peuvent plus redistribuer les fruits de la croissance.

Selon l’OCDE, le phénomène a débuté avant la crise de 2008 et il expliquerait en grande partie la croissance molle actuelle. L’institution propose un choc de compétitivité pour remédier à ce mal en donnant les conditions aux entreprises d’investir et en limitant l’action de l’Etat à ses fonctions régaliennes avec, en tête, le soutien aux enfants.

Le débat est politiquement trop explosif pour être clairement posé sur la table mais c’est bel et bien d’un nouvel apport de population dont les pays avancés ont besoin. UBS a ainsi calculé que ces dix prochaines années 1 million de personnes prendront leur retraite en Suisse mais que seulement 500 000 rentreront sur le marché du travail. Ce ne sont pas les robots qui feront repartir la machine mais des bras venus d’ailleurs.

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