Un procureur américain a saisi la cour suprême des Etats-Unis au sujet de l'annulation cet été de la condamnation de la superstar de la télévision américaine Bill Cosby, ont annoncé lundi ses services. L'acteur avait été reconnu coupable en 2018 d'agression sexuelle.

«La cour suprême des Etats-Unis peut réparer ce que nous considérons comme une grave injustice», a déclaré le procureur du comté de Montgomery (Pennsylvanie).

Bill Cosby avait été libéré le 30 juin à la suite d'une décision technique de la cour suprême de l'Etat de Pennsylvanie, vue par beaucoup comme un camouflet pour le mouvement #MeToo. Au moment de sa libération, le comédien était incarcéré depuis 2018 pour avoir agressé sexuellement en 2004 Andrea Constand, une femme qui travaillait pour l'université Temple à Philadelphie.

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Des «conséquences néfastes»

Dans sa décision, la cour suprême de Pennsylvanie rappelait que le premier procureur en charge du dossier avait décidé de ne pas poursuivre Bill Cosby au pénal, tout en l'incitant à témoigner dans une procédure au civil intentée par la plaignante, ce qu'il avait accepté de faire.

Durant cette audition, Bill Cosby avait reconnu avoir donné à Andrea Constand un puissant sédatif et avoir procédé à des attouchements sur elle, estimant qu'elle était consentante, car elle n'avait pas réagi. Or, ce témoignage a ensuite été retenu contre lui lors de son procès pénal, quand un nouveau procureur a décidé de relancer l'affaire des années plus tard.

«Demander un réexamen par la [cour suprême] était la bonne chose à faire», a avancé lundi le procureur, dénonçant les «conséquences néfastes» que pourrait avoir un précédent «établissant qu'un communiqué de presse de procureur confère apparemment désormais l'immunité».

Un «dernier effort pathétique» pour la défense de l'acteur

Bill Cosby avait, lors de son propre appel devant la cour suprême de Pennsylvanie ayant mené à l'annulation de sa condamnation, présenté un communiqué de 2005 comme une preuve de la décision du premier procureur de ne pas le poursuivre.

Un porte-parole de l'acteur, désormais âgé de 84 ans, a critiqué lundi un «dernier effort pathétique». William Henry Cosby, Jr, de son nom complet, avait été condamné en 2018 à une peine minimale de trois années d'emprisonnement (10 ans au maximum) et en avait passé déjà presque trois derrière les barreaux. Considéré comme l'incarnation du père idéal dans son show télévisé, l'acteur, l'un des premiers Afro-Américains à percer sur le petit écran, a été accusé par une soixantaine de femmes d'agressions sexuelles et parfois de viol, couverts par la prescription.