Un homme du Nord amoureux du Sud et qui se souvient avec tendresse de ses origines: tel est Peter May, écrivain de polars prolifique et populaire dont l’œuvre se fait un bonheur de caracoler entre les cultures, les pays et les langues. Né en 1951 à Glasgow, l’auteur de la fameuse trilogie écossaise vit depuis plusieurs années dans le Lot. Il possède également, sur la côte andalouse, un appartement «qui donne sur la Méditerranée et convient admirablement, en hiver, au travail d’écriture». C’est précisément dans la région de Malaga qu’il situe son nouveau polar, Rendez-vous à Gibraltar. Un livre tout en atmosphères ciselées et qui accorde une large place à la description des paysages somptueux mais tragiquement dégradés par le tourisme et l’argent de la Costa del Sol.

Accusation mensongère

Rendez-vous à Gibraltar commence avec un faux cambriolage. L’individu qui rôde de nuit dans une luxueuse villa du quartier de La Paloma n’est autre que son propriétaire, Ian Templeton. Cet expat britannique mince, musclé et uniformément bronzé n’a visiblement pas la conscience tranquille. Quand, alertée par un voisin, la police tente de l’interpeller, il tire et tue par mégarde sa propre compagne enceinte. Terrifié par son geste, il le nie pour aussitôt accuser Cristina Sánchez Pradell, la policière envoyée sur place en remplacement d’un de ses collèges. La vie de la jeune femme bascule dans le drame. Et la terreur.