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Courtney May Robertson est hallucinante sur les charbons ardents voulus par le chorégraphe Jan Martens.
© Festival de la Bâtie ©

Spectacle

Courtney May Robertson, première héroïne de La Bâtie

Captivante héroïne de manga, une jeune danseuse frappe dans «Rule of Three», spectacle qui donne le ton d’une édition électrique

Une poupée sur ressorts. Une super-héroïne surgie d’un manga. Une diablesse sans état d’âme. Mais soyons plus simple: une bombe. Mais de qui, de quel phénomène, de quelle éruption de lave parlons-nous? Elle s’appelle Courtney May Robertson, elle mesure 1 mètre 50, à vue de nez admirateur. Elle a 25 ans peut-être et elle danse entre deux athlètes, taillés comme des lanceurs de disque, dans Rule of Three, feu roulant rythmique – le batteur NAH dompte, en halluciné, les baguettes – signé Jan Martens.

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Cette demoiselle aux lèvres cerise est la première héroïne de cette édition de La Bâtie-Festival de Genève. La figure de proue d’un rendez-vous qui depuis cinq jours électrise le public. A la Salle des Eaux-Vives jusqu’à dimanche, Rule of Three a confirmé le punch de gladiateur du chorégraphe belge Jan Martens, un art d’épuiser ses interprètes, de chasser l’accessoire pour libérer la libido, de transformer chaque corps en prière brute, l’aveu d’un désir élémentaire: s’abandonner à la peau de l’autre, dans le silence d’une grotte originelle.

Une noyade et une renaissance

Dans ce rite de purification où les interprètes cumulent l’endurance du coureur de trail et l’agilité du catcheur, Courtney May Robertson est bouleversante de précision et de liberté. Voyez-la en première ligne. Orteils rivés au sol, elle essuie des coups: le visage se déforme en un masque d’effroi, le corps ploie, puis se rebiffe. C’est une rixe, un passage par les enfers, une noyade et une renaissance.

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L’acte 1 de cette Bâtie – qui se poursuit jusqu’au 16 septembre – est à l’image de la danseuse: généreuse, entraînante, fédératrice sans démagogie. Au Théâtre du Léman jeudi passé, Jérôme Bel et son formidable Gala donnaient le ton en guise de préambule. Sur le plateau, vingt hommes, femmes et enfants, amateurs et professionnels, enchaînaient les numéros, solos à la mode du Bolchoï, révérences comme à Covent Garden, charivari en bande, arabesques de farces et attrapes. Dans son fauteuil, on fait la moue d’abord: le concept est malin, trop habile pour être honnête. A la fin, on applaudit debout, tourneboulé par le carrousel de nos fragilités.

La ronde se poursuit dès mercredi avec Happy Island de la chorégraphe La Ribot et le très subtil Summerless du metteur en scène iranien Amir Reza Koohestani. Des mondes à part, là aussi.


La Bâtie, jusqu’au 16 sept.

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