Quelles sont les images qui subsistent des Jeux olympiques d'été de Munich 1972? D'une part, les sept médailles d'or du nageur américain Mark Spitz, et d'autre part, la tragique prise d'otages de l'équipe masculine israélienne par un commando palestinien. Deux images difficiles à concilier, deux faces de l'olympisme qu'un documentaire oppose aujourd'hui de manière frappante avant de les relier sous le signe du spectacle. Entre celui, grandiose et captivant, des joutes athlétiques et celui, terrifiant mais non moins captivant, d'une prise d'otages en direct, il n'y a en effet qu'un pas que les Palestiniens – à l'époque encore largement ignorés par l'opinion publique – avaient bien compris. Un pas que le One Day in September de Kevin Macdonald franchit à son tour avec un Oscar 2000 du meilleur documentaire (devant Buena Vista Socia Club de Wim Wenders) à la clé: «The Show must go on».

Réalisme ou cynisme? C'est toute la question du documentaire grand public, décrié par les puristes, mais le seul à pouvoir encore espérer une diffusion dans les salles de cinéma. Cette réalité commerciale, tant le jeune réalisateur écossais que son producteur bâlois Arthur Cohn (qui récolta pour ce film son sixième Oscar) l'ont bien intégrée. Ils ont eu pour premier mérite de sentir le bon sujet: une histoire spectaculaire, pleine de suspense, de drame et de sang, mais aussi un événement charnière de cette seconde moitié du XXe siècle dans toutes ses implications géo – et socio-politiques.

Brillamment monté comme un thriller, leur film n'oublie pas pour autant de poursuivre d'autres buts plus «nobles» d'enquête et de témoignage historiques. Fourmillant de pistes et d'absences également troublantes, il invite chaque spectateur à choisir s'il veut prolonger son expérience d'un soir ou s'il se contente de cette information, plus ou moins biaisée et lacunaire. Complément plutôt qu'alternative à cette histoire savante qui ne dépasse plus guère les murs des bibliothèques universitaires, ce type de documentaire a toute sa raison d'être.