Construit comme un thriller hyperréaliste sur un risque d’épidémie en Russie soviétique, Ce n’était que la peste paraît plus de trente ans après avoir été écrit. Si sa publication relève indéniablement d’une forme d’opportunisme éditorial, le scénario, rédigé en pleine perestroïka, trouve aujourd’hui une actualité et un intérêt renouvelés, en particulier pour le lecteur occidental.

C’est un fait historique méconnu que relate Ludmila Oulitskaïa: en 1939, un infectiologue de Russie centrale parcourt des centaines de kilomètres pour présenter ses recherches à Moscou. Quelques heures après son arrivée dans la capitale, il comprend qu’il a transporté avec lui une souche particulièrement virulente de la peste, et qu’il va en mourir. La réaction du savant et du médecin qui l’ausculte ne se fait pas attendre: «– Il faut prendre des mesures de toute urgence! Instaurer une quarantaine, immédiatement… Bien. Il me semble que le commissariat à la Santé ne va pas pouvoir régler cette situation. C’est du ressort d’une autre institution…»