Loin des sentiers battus des grands festivals, le Crest jazz vocal cultive une personnalité primesautière, une ambiance intimiste et une invitation au farniente dans la chaleur des nuits entre Vercors et Provence. Eclectique, le rendez-vous, condensé sur une semaine (3-8 août), propose une riche palette de jazz à même de combler toutes les oreilles: Lucky Peterson, Lester Bowie, Mc Solaar, Richard Galliano en duo avec Michel Portal, Compay Segundo et Ernesto Tito Puentes.

A 34 ans, Lucky Peterson, surnommé «l'enfant prodige», affiche vingt-cinq ans de carrière! Autant dire que l'artiste américain, qui a côtoyé Buddy Guy ou Muddy Waters, connaît le métier sur le bout des ongles. Actuellement en tournée, le bluesman à l'agilité exceptionnelle a concocté dans son dernier album Move – à découvrir ce soir sur scène – un cocktail tonique mêlant jazz, rock et gospel. Place ensuite au grand écart musical (6/8): le rappeur parisien Mc Solaar est à l'affiche pour causer de son humeur nonchalante sur les maux de la société. Et pour clore en beauté le festival, le Crest jazz vocal invite les spectateurs à une nuit chaude et épicée. Compay Segundo, puis Ernesto Tito Puentes feront danser le public au rythme des mélodies cubaines.

Enfin, comme chaque année, le lauréat du concours du jeune talent assure le lever de rideau de la soirée de clôture. «Une manière d'offrir à ces espoirs du jazz une scène et un premier public», rappelle Denise Deronzier, responsable du festival. Depuis dix ans, et devant plusieurs milliers de personnes, les différents gagnants ont pu jouer en première partie notamment de Claude Nougaro, Dee Dee Bridgewater – la marraine de la manifestation –, Michel Legrand-Stéphane Grapelli, Nina Simone ou Ray Barretto.

Pour décrocher cette tribune, qui peut être un tremplin, les jeunes pousses du jazz se la disputent, tous les jours, en fin d'après-midi, sur une scène en centre-ville, sous l'œil attentif d'un jury de professionnels, de spectateurs assidus et de badauds aux esgourdes distraites, à l'ombre des platanes sur la place de l'église.

D'autres se précipitent également au Crest jazz vocal pour un master class. Venus des quatre coins de France, cent vingt stagiaires, répartis en huit niveaux, travaillent six heures par jour durant une semaine. «Il n'y a pas beaucoup de festivals qui proposent des stages à côté. Et j'estime que c'est une très bonne chose car, le soir, lors des concerts, les élèves voient tout ce que nous, les profs, avons essayé de leur inculquer dans la journée», souligne la chanteuse Michele Hendricks qui dirige la classe professionnels. Les apprentis chanteurs peuvent même passer aux travaux pratiques lors de jam sessions, la nuit, dans les bars de la petite commune, qui, pendant une semaine, vibre au son du jazz.

Crest jazz vocal. Renseignements. au tél. 0033 /4 75 7 6 76 38. Fax: 0033 /4 75 7 6 79 78.