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Les acteurs de «Quadrille», le spectacle qui ouvre la saison du Crève-Coeur dans une mise en scène de Georges Guerreiro.
© Loris von Siebenthal

Lever de rideau

«Au Crève-Cœur, on peut toucher les comédiens»

A la tête du plus petit théâtre genevois, Aline Gampert privilégie un répertoire piquant et spirituel servi par des acteurs de premier plan. Paroles d’une jeune directrice, qui veut que le spectateur se sente chez elle comme à la maison

Le charme d’un refuge, avec vue sur les songes du poète, le lac en contrebas. Le Théâtre du Crève-Cœur fait résonner sa différence, sur son coteau à Cologny. La salle est minuscule, 60 sièges à peine, elle n’en est que plus désirable: à portée d’éventail, des comédiens de premier plan y jouent un répertoire à contre-courant, piquant et grave, de Wajdi Mouawad à Pierre Notte.

Cette saison qui vient de s’ouvrir est fidèle au goût de sa jeune directrice, Aline Gampert, comédienne qui a succédé à sa mère, Anne Vaucher, à la tête de cette entreprise familiale. Elle y cultive le pas de côté, badin ou philosophe selon l’humeur, comique souvent. Elle s’entoure surtout de bons comédiens, Marie Druc et Camille Figuereo, notamment, dans Quadrille de Sacha Guitry, mis en scène par Georges Guerreiro – jusqu’au 22 octobre. Ou encore la formidable Brigitte Rosset dans un nouveau solo à l’affiche dès le 14 novembre.

Le Temps: Programmer Sacha Guitry, qui a fait la fortune des boulevards parisiens pendant un demi-siècle, c’est aujourd’hui une forme d’audace. Pourquoi lancer votre saison avec cet auteur?

Aline Gampert: Parce que Guitry dans ce cocon, ça marche. J’aime sa gaieté, sa lumière, son esprit et son sens du scénario. On le dit daté, je pense au contraire que c’est un écrivain plein de ressources. Son côté old fashion me plaît.

– Du Crève-Cœur, vous faites un lieu de création, pas seulement d’accueil?

– C’est notre ambition, même si ça ne va pas de soi au vu de nos moyens. Mais comme Quadrille, le prochain spectacle de Brigitte Rosset naîtra dans nos murs. Elle va répéter ici pendant quatre semaines, comme pour ses deux précédentes créations, Suite matrimoniale avec vue sur la mère et Tiguidou. De la même façon, Pietro Musillo créera ici en mars Quelqu’un d’autre de l’auteure genevoise Valérie Poirier.

– Comment voyez-vous l’avenir du Crève-Cœur?

– Il faut d’abord rappeler que c’est ma grand-mère, Raymonde Gampert, qui l’a créé dans l’ancien pressoir de sa maison. Mon père, Bénédict Gampert, l’a relancé. Aujourd’hui, il est sur le point de se transformer. L’été prochain sera marqué par des travaux: la fameuse vis de la scène va disparaître et le plateau donnera de plain-pied sur la salle. Le nombre de sièges sera identique, soit 60 places. Je veux voir dans ces transformations le signe d’un renouveau.

– Comment définissez-vous l’esprit du lieu?

– Notre maître mot, c’est proximité. Aucune salle romande n’offre une telle intimité avec les comédiens. Ici, on peut presque les toucher, ce qui oblige aussi à une qualité de jeu. Nous avons aussi le souci de favoriser les échanges avec les artistes, c’est l’enjeu de nos brunchs du dimanche, animés par Anne Vaucher. Cette saison, elle y recevra Valérie Poirier, puis l’acteur et pédagogue Serge Martin. Mon objectif, c’est que les gens se sentent ici comme à la maison.


Rens. Le Théâtre du Crève-Cœur

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