Collectif

Crimes de guerre, ce que nous devons savoir

Trad. de Rémy Ourdan et Stéphanie Maupas

Autrement, 448 p.

Le Droit pénal à l'épreuve de l'internationalisation

Georg/Bruylant, 368 p.

Publié initialement en anglais sous la direction de Roy Gutman et de David Rieff, Crimes de guerre, ce que nous devons savoir est enfin paru en français. Rédigé par les plus grands journalistes (parmi les auteurs, neuf Prix Pulitzer) et juristes internationaux, ce livre composé de 150 articles détaille les conflits contemporains. Rédigé sous forme d'abécédaire (A comme apartheid, B comme Bosnie, C comme Cambodge, D comme déportation), il a l'immense mérite de constituer un manuel pratique des violations des Conventions de Genève et du droit international humanitaire.

Manuel pratique, car la connaissance du terrain par des correspondants de guerre (Bosnie, Kosovo, Tchétchénie, Proche-Orient, Cambodge…), conjuguée à l'expertise de juristes spécialisés dans les lois de la guerre, donne une dimension unique à cet ouvrage. Fourmillant d'exemples, il offre à un public mieux averti la possibilité de replacer les événements d'un conflit dans une perspective plus large, de les fonder juridiquement (crimes ou pas) et d'éviter l'effet de normalisation que toute situation, y compris de guerre, tend à créer. Le «balayage» juridique des guerres contemporaines qu'offre cet ouvrage débouche sur un paradoxe malheureusement trop connu: il démontre la nécessaire vigilance des journalistes et du public face aux violations du droit de la guerre, mais il fait aussi la démonstration de la difficulté du droit à brider la barbarie. Travail de Sisyphe auquel contribue ce livre qui s'adresse à un large public.

«Le monde occidental fait la grande lessive.» C'est sur ce juste constat que s'ouvre l'ouvrage collectif publié par la Faculté de droit de Genève sous la houlette de Marc Henzelin et de Robert Roth, Le Droit pénal à l'épreuve de l'internationalisation. Objectif: analyser les effets de la révolution pénale en cours qui fait qu'aujourd'hui, un ex-président (Milosevic) est jugé pour crime de génocide, qu'une Cour pénale internationale a été officiellement créée, en dépit de la farouche hostilité américaine, qu'au nom du principe de la compétence universelle, des ressortissants rwandais et ex-yougoslaves ont été jugés en Suisse, en Belgique et ailleurs… La force de cet ouvrage, dont il serait ici vain de rappeler toutes les contributions, tant elles sont denses, est notamment de montrer les liens pour le moins problématiques qui se sont tissés entre la répression pénale «classique» et le système «des droits de l'homme».