Fernando Oreste Nannetti a passé neuf ans dans l’hôpital psychiatrique et judiciaire de Volterra, en Toscane. Pendant ses deux séjours – entre 1959 et 1973 – cet homme, muré dans le silence, a gravé sur les murs de la façade de l’hôpital ce qu’il ne pouvait pas dire. Dans le tumulte des cris, des délires, des invectives, Nannetti, avec comme seul outil l’ardillon de la boucle de son gilet, a fixé ses obsessions dans le ciment, en lettres et dessins. Pour déjouer les difficultés techniques et préserver son intimité, il a créé un alphabet qui rappelle étrangement les signes étrusques. Le temps et l’abandon de l’hôpital ont fini par détruire ce fascinant «livre de pierre». Quant aux dessins sur papier, ils ont presque tous été détruits. Ceux qui restent témoignent également de la créativité de Nannetti.