«Il n'y a jamais eu de crise de cette ampleur au Festival d'Avignon. En 1968, il a été maintenu, même s'il a été tronqué et bouleversé par des artistes protestataires. Le fondateur Jean Vilar, qui était encore aux commandes, en a d'ailleurs fait un infarctus.

«En 1992, les intermittents ont aussi failli entraîner l'annulation du festival, mais le patron de l'époque, Alain Crombecque, a eu l'excellente idée de nommer un médiateur crédible. Cette fois, la protestation dépasse de très loin Avignon. Ce qui est en jeu, c'est le statut même de l'intermittent proposé en 1969, lors des fameux accords de Grenelle, par Georges Pompidou.

«Un certain Jacques Chirac était d'ailleurs l'un de ses proches conseillers. Bref, 34 ans plus tard, la droite libérale entend revenir sur la réforme voulue par Pompidou. L'accord signé par le patronat et trois organisations syndicales minoritaires est la victoire de ce que j'appellerai la contre-réforme.»