«Sauvez la Suisse… Pour sauver Couchepin, tapez 1… Sauvez la Suisse…» Yann Lambiel, en chanteur électrique, offre un tube en forme d'apothéose pour une soirée de gala intitulée «Drôle de Suisse». Le spectacle a commencé il y a plus de deux heures, les humoristes suisses les plus élastiques du moment ont ravi le public de l'Auditorium Stravinsky à Montreux. Mille cinq cents spectateurs n'oublieront pas cette démonstration de force comique à l'affiche du Festival du rire qui fête son 15e anniversaire. Beaucoup même reverront cette fine fleur de l'humour romand, de Cuche et Barbezat au magnifiquement chiffonné Marc Donnet-Monay, en passant par Frédéric Recrosio, le 29 janvier sur la TSR.

Mais, pour le moment, seul compte ce refrain: «Sauvez la Suisse…». Yann Lambiel a des bonds de sauveur du samedi soir. Autour de lui, ses pairs savourent ce final. Et déjà dans les mémoires défilent en boucle les paroles d'un spectacle impitoyable pour les pensionnaires du Palais fédéral. A Micheline Calmy-Rey, Yann Lambiel dédia cette mélodie à la Eddy Mitchell: «Elle en faisait trop, la fille aux cheveux rigolos.» A Moritz Leuenberger, cette romance façon Pierre Bachelet: «Il a de grands yeux ronds… Pour moi, c'est sûr, il est ailleurs.» A Hans-Rudolf Merz, cet élan manière Gilbert Bécaud: «Il y a trop de dépenses, coupez dans les crèches et dans la culture…» «Sauvez la Suisse», dit l'épilogue. Elle trotte longtemps dans les têtes, cette rengaine et c'est le plus efficace des remontants.