Si la Nati risque de vivre des heures difficiles pendant l'Euro, il y a en tout cas une équipe qui a déjà gagné la partie: Pierre Naftule et Joseph Gorgoni, auteurs d'Europorchet, pochade bien roulée sur le monde du ballon rond. A Lens, Sion, puis Genève depuis mardi, avant une tournée romande qui se remplit aussi vite que les stades, le persiflage explosif de Marie-Thérèse ravit un public déjà conquis. Du supporter primaire au commentateur de la TSR, la mégère tire sur tous les habitants de la planète foot et fait, à chaque fois, trembler les filets. Au ras du gazon, bien sûr, mais avec un sens de la tactique plutôt canon.

Une hola d'amour. Lorsque MTP parait sur la scène du Théâtre du Léman, ex-Grand Casino, un tsunami de bonheur parcourt les rangs des spectateurs. Impressionnant. L'intéressé lui-même n'en revient pas. «Et encore, à Genève, ce n'est rien à côté de Fribourg ou du Valais. Là-bas, c'est l'hystérie à chaque sortie», commente Joseph Gorgoni ex-danseur devenu depuis quinze ans conseillère en Tupperware et impitoyable commère.

Pourquoi tant de transports? Sans doute parce que, sur les hommes, le sexe, les étrangers, la politique, etc., et aujourd'hui le foot, la redoutable dit tout haut les peurs régressives que le Suisse moyen n'ose même pas concevoir tout bas. D'ailleurs, sous ses airs proprets, la Porchet est parfois si trash qu'à Paris, elle a d'abord été considérée comme une artiste décalée avant d'être invitée chez Drucker et de connaître le succès populaire.

Avec sa mauvaise foi chronique, sa mise en pli choucroute et ses sorties vachardes à sa copine Jacqueline, MTP est donc une figure repoussoir, un exutoire. Comme Louis de Funès avant elle, on adore ce qu'on déteste et, dans cet élan paradoxal, le public la plébiscite pour devenir la mascotte de l'Euro. Car, dans ce spectacle, tel est son objectif et rien ne saurait l'arrêter. A cette fin, elle réquisitionne Christian Constantin, Michel Pont ou Philippe Rochat sur pellicule, ridiculise Alain Morisod qui en a vu d'autres, repeint le stade de la Praille, danse la samba avec Kaka et se fait même relooker en bombe sexuelle par Karl Lagerfeld. Sur scène, David Cunado et Pierre-André Sand, très en forme, tentent de maîtriser le phénomène. Mais Marie-Thérèse est déchaînée et elle a le public, ce douzième homme, de son côté.

Jusqu'au 8 juin partout en Suisse romande, http://www.marie-therese.ch