On les avait quittés, lundi soir, aux prises avec des sonorités empâtées et une inspiration à court de certitudes (LT du 1er novembre). On les retrouve, jeudi, drapés de couleurs clinquantes. L'Orchestre de la Suisse romande et son chef Marek Janowski ont achevé leur mini-festival dédié à Mozart avec une verve retrouvée. Dans une cathédrale Saint-Pierre à Genève pleine à craquer, les trois œuvres chorales au programme ont résonné avec une belle intensité.

Ingrédients de ce retournement inattendu? Les archets, tout d'abord, francs, saillants et parfois à la limite du râpeux dans leurs attaques, ils ont fait le bonheur des Vêpres solennelles du Confesseur KV 339 qui ouvraient le concert. A s'y méprendre, cette approche, enrobée de tempos soutenus, aurait pu faire passer l'OSR pour une phalange armée d'instruments d'époque. Et cela en dépit d'une acoustique calamiteuse .

Il y a, ensuite, les voix. Celles de l'Ensemble vocal de Lausanne, chœur puissant et précis, On mesure le travail du chef Michel Corboz avec le motet Avec verum Corpus KV 618. Dans cette pièce courte, le chœur traduit avec une justesse rare le sentiment de pietas: le chant est fluide et voluptueux, les pianissimi sensibles.

On est enfin comblé avec les cantatrices et chanteurs solistes. La soprano Christiane Oelze, déjà ravissante lundi, est étonnante de naturel (sublime «Laudate Dominum» des Vêpres..., avec son intensité expressive incomparable) et particulièrement poignante dans l'«Agnus Dei» de la Missa brevis. Soulignons, aussi, les belles voix du ténor anglais James Elliott et de la basse Georg Zeppenfeld, et celle de la mezzo-soprano Brigitte Balleys.