Petit cours de sociologie accéléré. La fly girl est la version féminine du B-boy. Soit une habitante de la planète hip-hop qui aligne sports de combat, séduction anarchique, burgers monumentaux et fripes de marque. Pour sa première chorégraphie, la danseuse Marie-Caroline Hominal choisit cette créature à cran comme sujet de représentation. Et propose un trip sous haute tension.

Marie-Caroline Hominal a dansé avec Gisèle Vienne, La Ribot ou Gilles Jobin. Et gardé de ces chorégraphes une manière coup de poing d'approcher son objet. La boxe, justement, fait partie de l'arsenal de la fly girl. Et la corde à sauter. Ou encore la séduction effrénée. D'où le mélange entre sport et exposition des chairs lorsque, à la faveur d'une séance de sauts, la robe bustier vert pomme découvre des seins étoilés. Des sticks à même la peau, car, même nue, la fly girl avance toujours masquée.

Du reste, et le spectacle de Marie Caroline Hominal tourne autour de ce principe, la fly girl multiplie les identités. Décrivant un à un ses habits griffés, elle est fashion victim; dans un uniforme kaki, un pistolet à la main, elle défend les valeurs de l'armée; juchée sur des pointes, éclatant consciencieusement les cloques de plastique d'un tapis à bulle, elle se transforme en starlette évaporée. Toute une gamme de personnages qui terminent réconciliés dans le ketchup d'un burger concocté à même le plateau dans une débauche de matière première. Hâte, agressivité, confusion: Fly Girldécrit l'hystérie de ces créatures sans la commenter.

Fly Girl, jusqu'au 19 octobre, au Théâtre de l'Usine, à Genève, tél.022/328 08 18, http://www.usine.ch