C'est l'histoire d'un imposteur, une histoire à dormir debout. Mais l'intrigue est trop trépidante pour que le public ferme les yeux sous le ciel étoilé. La saison des Concerts-sérénades de Genève vient de commencer, à la cour de l'Hôtel de Ville, avec cette farce en plein air de Rossini.

Il Signor Bruschino réunit tous les ingrédients d'un genre («farsa giocosa») qui a servi de tremplin pour le jeune Rossini. Plutôt qu'une véritable mise en scène, Sarah Ventura a conçu une mise en espace avec une toile flanquée d'un nuage, deux chaises, trois portes et des costumes d'époque. Le chant illumine cette production de l'Opéra de chambre de Genève, surtout celui d'Alexandre Diakoff qui campe un vieux bouffon irrésistible, formidable de présence. C'est lui, le père Bruschino, qui bougonne le pied dans le plâtre. Si Franco Trinca n'obtient pas le mordant désiré de l'orchestre, l'esprit est là, dans ces duos, trios et quatuors. Derrière son visage de princesse, Marina Lodygensky (Sofia) dissimule une âme de tragédienne – ses poses évoquent Mireille Delunsch. La voix rayonne, précise et souple, avec pudeur. Harry Draganov (Gaudenzio) a du mal à trouver ses marques. Et si William Lombardi (Florville) séduit par son timbre clair, onctueux, Elisabetta Riatsch Dami campe une servante malicieuse à souhait.

Cour de l'Hôtel de Ville de Genève, les 18 et 19juillet à 20h45. Loc. 022/418 36 15.