Dans Un Homme vide, Jean-Marc Heim s'avançait sur les rives dangereuses de l'intériorité: que reste-t-il une fois les masques ôtés? Pas grand-chose peut-être… Dans Shot Put, son nouveau solo présenté au Théâtre 2.21 à Lausanne, le chorégraphe vaudois examine à la loupe non pas l'intime, mais le social. Que se cache derrière l'idéal de la beauté? Là aussi, il affronte le gouffre avec humour. Une touche tragi-comique qui évite au danseur et aux spectateurs de sombrer dans le noir. Une manière d'aborder des sujets graves avec un brin de légèreté.

Le spectacle s'ouvre sur une esthétique aryenne. Un torse d'athlète dans la lumière: sous l'effet stroboscopique, la scène ressem-ble à un film de Leni Riefenstahl. Jean-Marc Heim s'exerce au lancer du poids. Puis apparaît cette projection, signée – pour rire? – Claudia Schiffer: La vraie beauté est intérieure. Rires. Suivent le récit d'un enfant à la face camarde, et un troisième épisode, très poétique, éclairé à la lumière rouge. Puis le spectacle se dilue un peu. Divague dans le noir, appelle sur scène un troupeau d'hommes gémissant à quatre pattes. Nous, humains, ne sommes que des moutons qui suivons le premier venu… Oui, mais ne le savait-on pas déjà?

Shot Put, Théâtre 2.21 à Lausanne. Les 7 à 20h30, 8 et 9 déc. à 17h et 20h30. Loc. 021/311 65 14. Les 18 et 20 jan. 2002 à l'Arsenic, Lausanne.