Pour sa première création de la saison, signée Didier Carrier sur une idée et une scénographie de Guy Jutard, le Théâtre des marionnettes de Genève emmène ses visiteurs au pays des lapins. Histoire d'y transposer quelques mérites et travers de la société humaine, ces animaux ayant déjà fait leurs preuves en la matière dans moult livres, spectacles et autres dessins animés. Mais cette fois, le voyage est un peu décevant, tous les éléments du spectacle semblant en légère inadéquation les uns avec les autres.

A commencer par la scénographie, paysage vallonné aux teintes automnales, qui ne correspond pas à l'étrange esthétique des marionnettes de Christophe Kiss, aux allures de bonbons en gommes colorées, du bleu à l'orange. Déguisés eux aussi en lapins rouge, bleu, vert et jaune, les marionnettistes apparaissent régulièrement au premier plan, ce qui donne heureusement de la présence à l'ensemble, mais ce changement d'échelle brouille aussi les identités des personnages. Qui est qui, en effet, dans ce drame lapin? Qui sont les méchants, les gentils, les honnêtes, les malhonnêtes parmi ces rongeurs de carottes en pleine crise sociétale? Le texte, pourtant plaisant, plein de jolies trouvailles, n'est pas toujours facile à comprendre, à la fois pour des raisons dramaturgiques et techniques. Bref, on sort de la représentation dubitatif.

Lapins carottes au Théâtre des Marionnettes de Genève, rue Rodo 3 à Genève. Me à 15h, sa à 17h, di à 11h et 17h. (Rens. au 022/418 47 77).

Jusqu'au 7 nov.